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La parole est à Claude LARDY, Présidente d'honneur de Bioforce,
Présidente de l'AFT (Athletes For Transparency)

claude lardy 

"Santé et formation sont les bases du développement individuel et collectif"

L'intensité d'une vie passée à faire avancer des projets pour le bien-être de l'humanité n'a en rien entamé la passion et la détermination de Madame Claude Lardy. "On apprend durant toute son existence", aime-t-elle rappeler, "il suffit de bien écouter et de rester modeste en toutes circonstances". On peut croire cette "très grande dame" qui a été, durant toute sa carrière, l'une des plus proches collaboratrices de Charles Mérieux, accompagnant le médecin sur tous les terrains, tant à l'international qu'au local. Autodidacte, Claude Lardy est entrée en 1945 à l'Institut Mérieux. Elle gravira les échelons pour prendre en charge la direction France de la branche vétérinaire de Rhône-Mérieux. Nommée Secrétaire Générale de la Fondation Mérieux en 1983, elle exercera ensuite bénévolement cette fonction à plein temps après son départ à la retraite en 1992. Elle deviendra Présidente de Bioforce en 1996 (Présidente honoraire aujourd'hui).

Quel a été votre rôle auprès de Charles Mérieux, notamment dans le cadre de la Fondation ?

Disons que j'étais l'interface entre les idées qu'il développait et leur mise en œuvre concrètement. Je suis admirative de ce qu'a fait Charles Mérieux. Par son charisme, il avait le don de provoquer les contacts. Ainsi, dès qu'une inspiration émergeait, suivaient une réunion puis un projet. On ressortait toujours avec un projet. Avec lui, je découvrais tous les jours, il suscitait la motivation. Ce que je retiens, c'est la volonté qu'il a toujours eue de s'adapter aux besoins de la société, à tous les niveaux, mettant en avant le fait que santé et formation sont indissociables : "ce sont les bases du développement individuel et collectif".

Son action et la vôtre ont été la pierre angulaire du rayonnement international de Lyon et de Rhône-Alpes sur tous les continents. Quel regard portez-vous aujourd'hui sur l'ensemble de cette œuvre ?


Charles Mérieux s'est toujours inscrit dans une démarche de santé publique, enclenchée très tôt, dans les années 60. Son premier défi a été d'endiguer la méningite de type A qui sévissait à l'état endémique en Afrique Sub-saharienne, puis au Brésil où vont devoir être vaccinées 90 millions de personnes ! C'est à l'issue de cette campagne que Charles Mérieux réalise l'importance pour les médecins d'être déchargés des contraintes d'organisation et d'administration pour mener à bien leurs missions. Il décide alors de former des professionnels de la logistique pour soutenir les opérations d'urgence. C'est ainsi que va naître Bioforce en 1983, seule structure de formation à développer une stratégie d'accompagnement des organisations internationales sur leurs théâtres d'opération.

La formation, au service de la santé, c'est son leitmotiv : d'où aussi la création des Pensières à Annecy, centre de conférences de la Fondation Mérieux, lieu privilégié de travail et d'échanges, au service de la lutte contre les maladies infectieuses. Et que dire de ce merveilleux outil que constitue le laboratoire P4, implanté à Lyon Gerland ? Une zone de haut confinement pour la manipulation de microorganismes hautement pathogènes. Créé en 1999 par la Fondation Mérieux, puis confié à la charge de l'Inserm, le laboratoire est organisé comme une grande infrastructure de recherche ouverte à l'ensemble de la communauté scientifique nationale et internationale.

Vous collaborez avec la MIPRA depuis de longues années. Aujourd'hui, vous êtes sollicitée comme conseil et expert auprès de la Mission pour concourir au développement du pôle dédié à la solidarité internationale d'Annemasse. A quoi correspond ce projet ?

L'agglomération d'Annemasse développe un projet d'accueil pour des ONG soucieuses d'être au plus proche de Genève, où siègent toutes les grandes organisations humanitaires. Les actions engagées par le Maire d'Annemasse, Christian Dupessey, ont pour objet de faciliter l'implantation des ONG au cœur d'une Cité de la Solidarité Internationale sur le pôle Etoile-Gare. De nombreux dispositifs d'aide à l'installation sont prévus et ce projet est soutenu par tous les acteurs locaux, régionaux et même internationaux. Mais il faudra du temps. Charles Mérieux disait toujours : "Un projet c'est dix ans..."


Vous êtes également Présidente de l'AFT – Athletes For Transparency, dont le siège est implanté à Rovaltain, autre Grand Projet Rhône-Alpes. Vous avez ainsi permis, avec René Mornex, que soit créé en Rhône-Alpes un logiciel d'aide à la lutte anti-dopage. Quel avenir a ce projet ?

L'AFT (association créée en 2004) a pour objet de développer des programmes de recherche dans le domaine de la lutte contre le dopage sportif. L'encouragement à la pratique du sport est une chose, le respect des règles et de l'éthique en est une autre, et si c'est bien à l'échelle internationale qu'il convient d'agir, les collectivités locales, si proches du terrain, ont pris conscience des enjeux. Ainsi, c'est grâce à l'implication de la Région Rhône-Alpes et du Conseil Général de la Drôme que l'AFT a pu voir le jour. Ces deux entités territoriales soutiennent l'AFT à hauteur de près de 200 000 €, tandis que l'AMA (Agence Mondiale Anti-dopage) a investi 60 000 euros au travers de programmes de recherche. Les premiers travaux ont abouti au développement du logiciel SAMM et de l'intégration de celui-ci au niveau des grandes organisations anti-dopage (ONAD / AFLD).

La lutte anti-dopage ne peut réussir que si elle est harmonisée au niveau de chaque pays. SAMM permet de mutualiser les informations entre pays en donnant accès aux données de chaque sportif, souvent en déplacement à travers le monde. L'objectif – en cours – est de créer une interface avec le logiciel ADAMS, largement utilisé aujourd'hui, également en terme d'informations, mais aussi de contrôles (localisation permanente des sportifs notamment).

L'implantation de l'AFT à Rovaltain s'inscrit dans le cadre d'une action coordonnée avec la MIPRA, qui se situe dans le prolongement de la création du pôle national de recherche, d'expertise et de formation en toxicologie environnementale et éco-toxicologie.

 
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